Le lâcher prise
- Corine DEPEYROT

- 6 nov. 2019
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours

UNE BONNE IDÉE, certes mais ...
Si vous vous intéressez à votre propre cheminement histoire de vous alléger le neurone, vous avez forcément entendu parler du lâcher prise. Ce sacro saint lâcher - prise qui vous garantit monts, merveilles, paix et sérénité (Amen mon frère ! )
Sauf que. Vous avez beau respirer, vous octroyer des plages silencieuses et des méditations posture yoga, à la première contrariété venue, à la énième injustice constatée, vous êtes reparti de plus belle dans vos grandes tirades qui soliloquent dans votre tête. Et ça ne passe pas. Ou seulement de guerre lasse, lorsque vous êtes enfin fatigué de vous-même et qu'un autre sujet accapare vos énergies.
Alors, pourquoi ça ne marche pas ? Ou si peu ? Ou si mal ? Ou de façon si fragile et temporaire ?
Parce que nous nous attachons sur le comment, alors que nous n'avons toujours pas identifié le quoi.
Sur quoi dois-je lâcher prise ? Une fois la réponse trouvée, Le comment viendra tout naturellement, dans un deuxième temps, se mettre en place.
Prenons le cas d'une situation donnée qui vous déplaît. Immédiatement, en une nano seconde, votre petit gendarme intérieur qui fait votre beau temps et surtout votre pluie, se met sur le pied de guerre dès les premières sensations.
D'emblée, ce que vous ressentez est passé sous contrôle. Votre gendarme intérieur en pense déjà quelque chose. Et pas que du joli joli ! Votre émotion clairement identifiée comme négative, deux alternatives s'offrent à vous, et ce sont bien les seules -croyez-vous - pour la gérer :
- Soit elles vous débordent : vous avez les boules, vous êtes en pétard, vous êtes indigné, vous vous mettez en colère, vous y allez de vos réflexions cinglantes franchement affichées ou sous couvert de miel qui n'abusent personne. Au final, entre honte et culpabilité d'avoir fait votre show, de vous être montré en spectacle, personne n'est satisfait et surtout pas vous.
- Soit vous les contenez : parce que vous êtes bien élevé, que l'on vous a appris que toutes ces démonstrations intempestives qui tendraient juste à confirmer votre sale caractère étaient mal, mauvaises, nuisibles, que cela ne se faisait pas. À l'intérieur, vous fulminez, vous rongez votre frein et vous finissez en apnée. Passée la brève satisfaction de vous être comporté en adulte, regrets et frustration entament votre moral et vous mettez la semaine à vous en remettre. Avec un peu de chance, la honte et la culpabilité d'avoir si peu réagi devrait parfaire le tableau.
Et puis vous découvrez le lâcher -prise ! Des heures et des heures sur internet, des tutoriels, des musiques plus exotiques les unes que les autres et là jaillit la fausse bonne idée : il faut vraiment que j'apprenne à lâcher prise ... mais même là , je compte garder le contrôle !
Et vous planifiez votre objectif : séance yoga, respiration en conscience, hypnose, vous apprenez à vous tapotez le poignet avec un mantra super puissant, vous Ho' oponoponossisez à la première contrariété ...
Et ça ne marche pas. Et c'est normal. Pas parce que vous êtes une mauvaise personne, que vous avez la comprenette lente, que vous manquez de motivations ou de persévérance, mais parce qu'en développement personnel, c'est comme en cuisine : prenez les meilleurs ingrédients bio, les plus sains possibles, frais du matin et du marché, si votre recette n'est pas cohérente, que le temps de cuisson est totalement farfelu ... ça ne vous fera jamais un plat délicieux.
Alors lâcher - prise sur quoi ? Sur le contrôle, tout simplement.
de mes émotions
de l'envie d'avoir raison
du désir, pire, du besoin de (me) convaincre
du besoin d'être reconnu
de l'importance que j' accorde aux événements
de mon besoin de fusionner avec l'événement
et la liste est encore plus longue que cela ...
J'entends déjà les sceptiques : Alors quoi ? je contrôle rien ? je dis tout ce qui me passe par la tête ? Après moi le déluge ? Ou au contraire je me fiche de tout ? Plus rien n'a d'importance et advienne que pourra ?
Il y a une troisième voie : celle du milieu. Une voie où vous identifierez vos émotions de façon neutre, simples passagères invitées ... et remerciées de leur visite, sans jugement ni condamnation, une voie ou l'envie d'être juste, pour soi, l'emporte sur l'envie d'avoir raison sur les autres, une voie où le désir de vaincre ses peurs l'emporte sur le désir de (con)vaincre les autres, une voie où le besoin de se connaitre pleinement, en pleine conscience, l'emporte sur le besoin d'être reconnu par les autres, une voie ou le recul que je porte sur l' événement minimise son importance, une voie où je ne confonds plus une situation problématique avec une personne qui en est co-auteur avec moi.
Le lâcher prise, ce n'est finalement que la capacité à faire deux pas de côtés, et prendre de la hauteur. On ne (se) laisse plus tomber, bien au contraire, on s'envole !
Si vous souhaitez commencer à expérimenter ces doux moment de légèreté, rendez-vous à https://www.chamane.com/accompagnement-chamanique





En effet, le lâcher prise est toujours plus facile â dire plutôt qu’à faire réellement !Merci Corine pour cette belle synthèse.