À propos
La mort comme passage et renaissance Dans de nombreuses traditions amérindiennes, la mort est perçue comme : • un voyage de l’esprit vers un au-delà (pays des morts, terrains de chasse éternels, royaume du loup à l’ouest, reconfiguration sociale et spirituelle, etc. • une seconde naissance : certains peuples (comme les Navajos ou les Hurons-Wendats) voient la mort comme une renaissance, dans ce monde ci ou dans un autre monde, d’où l’importance de rites qui « aident » ce passage dans une continuation du lien : l’esprit d'un défunt peut intervenir dans le monde des vivants, notamment par les rêves, et reste présent dans la mémoire, les cérémonies et la vie des vivants. Le « personnage » (la personne telle qu’elle est connue dans la vie sociale) « meurt » donc en tant que corps et rôle social, mais son essence (âme, esprit, ombre, souffle) continue un parcours. La « mort du personnage » dans les traditions amérindiennes ne se comprend pas comme une fin, mais comme une transition, une transformation ou une reconfiguration de l’être dans un cycle plus large de vie, de mort et de renaissance. Elle s’inscrit dans des cosmologies où la personne n’est pas un individu isolé, mais un nœud de relations avec les ancêtres, les esprits, les animaux, les éléments et la communauté. Chez la plupart des chamanes, la « mort du personnage » (ou plus exactement la dissolution du « moi » ordinaire) est un symbole central de l’initiation chamanique : elle marque la fin de l’identité sociale, psychologique et historique du narrateur pour laisser place au « guerrier » et à une nouvelle manière d’être au monde.
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